L'auteur
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DERNIERES MINUTES : "Le photographe" sélectionné pour  le Prix des Lycéens Autrichiens - Voyage en perspective début 2010 en Autriche !

                         : Atelier d'écriture pour les 11/1 ans, début juillet à la librairie "Les Modernes" à Grenoble; travail à partir de photographies empruntées à l'Artothèque de Grenoble.


les infos  2009 :   . Réédition de "Le Photographe" en la collection "Les    uns les autres Grand Format"  chez SYROS pour faire suite à un très bon premier accueil   (Sélection Prix France Télévision 2006, deuxième prix 15/17 de Brive-la- Gaillarde 2006, Sélection Prix Tatoulu 2007, Sélection Radio Suisse Romande 2006, coups de coeur libraires.). 

                         . Manuscrits en lecture = il faut savoir patienter et continuer à écrire... Ce que je fais, avec un nouveau texte dont l'histoire se déroule entre 1943 et 1965. C'est l'histoire d'une jeune française qui a eu un enfant dans un Lebensborn pendant la seconde guerre mondiale et qu'on retrouve 20 ans plus tard ...

                         : 2 albums enfants

                         : 1 roman adultes / "Dans la tête des autres" (en bonne voie d'être édité... à suivre)

                         . Ateliers d'écriture : Cette année, mes interventions restent centrées sur l'Isère. Pour l'instant, des invitations à voyager que j'ai refusées et d'autres propositions restent sans doute à venir...

                          :Ecoles primaires / Mens (38) de février à avril 2009

                          : Danse et Ecriture avec la Compagnie "l'Arbre à danses" (38) accompganée de la danseuse-chorégraphe Lydie Vadrot / 1° semaine des vacances de Printemps      

                           : classe de troisième au Lyée de La Sure à Voiron (38) avec Frank Michallat et Martie Rey, respectivement professeur de français et d'art plastique.                                                        

  les salons 2008 :        Brive/"Prix Gaillard d'or 2008" mars
                                Perpignan /Saint Laurent de la Salanque 8/11 mai
                                Courbevoie 16  au 18 mai
                                Agen 21 au 24 mai
                                Paris / Sélection Prix TATOULU 31 mai
                                Pont de Claix / 20 au 23 novembre

les ateliers d'écriture : classe verte / Darbres-Aubenas
                               Lycée Lacassagne / Lyon
                               Collège Gilbert Dru / Lyon 
                               Les ateliers Marianne / Pont de Claix
                               Lycée Loiselet / Bourgoin

                               Cité Scolaire Internationale / Lyon 
                               Lycée Les Gorges / Voiron
                               Lycée La Sure / Voiron

                               Collège Les Livaudières / Loudéac

                               Ecole primaire / Mens

                               Ecole L'Abre à Danses / Panissage

les rencontres         :  salons du livre; Bibliothèques; Librairie


  • C'est quoi écrire?
  • Pourquoi devenir écrivain ?
  • Pour qui écrire ?
  • Par qui être lue ?


Mano GENTIL, est née le 23 décembre 1961 à Grenoble. Diplômée de troisième cycle en Lettres Modernes puis en Relations Publiques à Paris, elle a été successi-vement Responsable de Communication, Directrice de Cabinet d'un homme politique et journaliste. Aujourd'hui,   elle partage son temps entre ses deux enfants et l'écriture de ses romans. Elle vagabonde aussi beaucoup pour animer des ateliers d'écriture ou de simples discussions autour du livre. En 2003, elle a posé ses valises pleines de mots pour une résidence d'auteur à Vénissieux, auprès de la Compagnie Traction Avant. Mais toujours ce qu'elle veut, ce qu'elle cherche, c'est regarder autour d'elle pour alimenter son envie d'inventer des histoires. Et faire des rencontres, de merveilleuses rencontres...



La première lettre du premier mot de la première phrase. À bien y penser, c'est souvent le feu aux poudres, la petite molécule qui va donner vie à un grand corps. Et naît le roman, la nouvelle ou le texte sur commande. Comment expliquer que le français, la Langue française, me prend là, comme ça, sans que moi-même je m'y attende. Cette langue que l'on m'a dit maternelle, parce que sans doute est-elle en tout point semblable à la musique du coeur qui battait en ma mère, puis à sa voix, celle qui résonnait déjà en son ventre et qui plus tard m'a bercée, consolée, punie. Parfois, les mots ne viennent plus. Ne viennent pas. C'est une séparation, un abandon, quelque chose d'indescriptible au point de ne pas en trouver les mots. Et la boucle est bouclée et le cercle est vicié. Les mots se mettent à vivre d'eux-mêmes, ils m'emprisonnent et ils emprisonnent mes idées. Ce que je voulais dire n'est pas dit. Ceux que je voulais décrire ne se ressemblent plus. Il faut alors que je me calme et que je retrouve le rythme primal. Et les mots retrouvent en moi le chemin de la création. Ça peut prendre une fraction de seconde, une heure ou des jours. Ce peut être un cri, une larme ou un rire. Toujours, je dois les laisser faire, les laisser venir, les laisser naître et les laisser mourir. Ce sont eux qui me commandent. 




Aux sempiternelles questions, l'auteur apporte de sempiternelles réponses. Et lorsqu'un bel après-midi, un élève de seconde m'a demandé si un livre   « m'avait plus qu'un autre donné l'envie d'écrire », j'ai donné la réponse immédiate mais fausse de la romancière jamais prise au dépourvu : « oui,  « l'étranger » d'Albert Camus. »

Fausse réponse parce qu'avant ce livre, primordial pour moi, il y en a eu un autre. Et c'est sur l'autoroute du retour que je me suis dit : «Menteuse, tu n'es qu'une menteuse ».J'en aurais pleuré et je crois bien que j'en ai pleuré.

J'avais renié le livre qu'une vague connaissance de ma mère, propriétaire d'un tabac-presse, m'avait apporté sur mon lit d'hôpital. J'avais quinze ans et on venait de m'ouvrir le ventre pour en extraire un appendice enflammé. Elle ne me plaisait pas cette dame et surtout je m'agaçais à l'idée qu'elle puisse s'imaginer une seconde que je pourrais lui témoigner quelque reconnaissance pour sa visite et son bouquin. Mais elle était gentille et a pris mon silence pour de la fatigue. Ma mère a remercié pour moi.

Le roman avait une couverture que je trouvais mièvre, un dessin qui ne représentait pas le titre : « Le lys de Brooklyn ». Et cette Betty Smith, il ne pouvait s'agir que d'un nom d'emprunt. Je crois même que je soupçonnais la brave dame de m'avoir offert un de ces romans à l'eau de rose qu'on ne trouve que dans les tabacs-presse et outre-Atlantique.

Et puis j'ai lu la première page, puis la seconde et encore les autres, toutes. Et je me suis prise au jeu de cette famille d'immigrés irlandais dont le père était pianiste de bar, amateur de cartes et de whisky. Ce Nolan m'a fait rêvé tout autant qu'il m'a épouvantée. Plus tard en lisant Steinbeck, j'ai fait un rapprochement entre ces deux sagas familiales. Mais avant cela, les mots m'ont touchée et quelques phrases en particulier que je n'ai eu de cesse de retrouver lorsque j'ai remis la main sur le livre : « Quand l'argent manquait, que les vivres étaient presque épuisés, katie et les enfants jouaient à faire semblant d'être des explorateurs qui découvraient le Pôle Nord et se trouvaient bloqués dans une caverne par une tourmente de neige. Il fallait faire durer les vivres jusqu'à l'arrivée des secours».

J'ai eu honte du « Lys de Brooklyn » au point de l'avoir refoulé très loin dans ma mémoire, de l'avoir même égaré, et pourtant c'est lui qui m'a appris l'amour de la phrase juste, du réalisme qui n'a de réaliste que les situations et qui dépeint en creux les personnages. Toutes ces choses qui paraissent vraies et qui ne sont qu'imagination. L'art d'inventer. L'art d'aimer. L'art d'écrire.

Et je l'ai enfin compris, le jour où après l'avoir cherché et commandé sur Internet, dans la rubrique des « introuvables », je l'ai tenu entre mes mains. Ce fut un choc. Vraiment. Celui qu'on ressent à la vue d'une personne que l'on ne croyait ne plus jamais revoir et que l'on vient de rencontrer. J'ai relu le roman et j'ai retrouvé intact l'émoi qui s'était emparé de moi à la première lecture. Les mots disaient pourquoi j'écrivais des romans. C'était une évidence.




Au tout début, j'ai écrit sans penser à qui allait me lire. Puis mon premier roman publié, on m'a collé l'étiquette "Mano, auteur de polars" et c'était normal puisqu'il s'agissait de "Boucher double" dans la fameuse collection du "Poulpe". C'est seulement au fil de mes publications que j'ai compris que l'étiquette collait vraiment trop. J'écrivais des romans noirs sans énigme policière, sans l'ombre d'un képi ou d'un calibre, et on continuait à dire de moi "Mano gentil auteur de polars".

C'est alors que j'ai pris une nouvelle direction  en 2000 avec la sortie d'un premier roman pour la jeunesse, et là j'ai vite compris qu'on m'enfermait malgré moi dans un nouveau carcan : "Mano Gentil, auteur pour les filles". Je me suis laissée prendre au jeu avec plaisir et j'ai produit pour des collections "spécial filles" ou pour la presse comme "Julie mag" chez Milan ou "les petites sorcières" chez Fleurus.    En 2006, nouveau tournant avec la sortie du "Photographe".  Un roman pour "les plus de quinze ans" qui marque pour moi un retour vers l'écriture pour adultes.    Un roman qui sera certainement l'amorce d'une nouvelle étiquette! Mais qu'y faire ? L'essentiel pour moi est de continuer pour le plaisir : le mien et celui de mes lecteurs.



Les enfants, les adolescents, les adultes, je les rencontre au cours de signatures ou de passages sur des salons ou dans des établissements scolaires. J'ai toujours une appréhension à les rencontrer parce que je sais qu'ils m'ont imaginée en me lisant, qu'ils ont supposé maintes et maintes choses qui parfois sont très loin de ma personne. Très souvent, ils me supposent sombre, mélancolique, et lorsqu'ils me rencontrent ils sont toujours étonnés de voir quelqu'un maniant beaucoup l'humour et d'une apparence plutôt sympathique. A cela, toujours je ne peux répondre que très certainement ma jovialité cache une détresse intérieure profonde et un réel tourment.

Il en va de même pour les professionnels du livre (libraires, documentalistes, bibliothécaires...) avec qui je me lie très souvent d'amitié et qui finissent par cracher le morceau : "je ne t'imaginais pas comme cela en te lisant. J'avais un peu d'appréhension... ".

Il y a la presse  aussi. Et là, bien évidemment, il y a les bonnes et les mauvaises critiques. Il y a dix ans quand j'ai commencé à être publiée, toute critique me paraissait insupportable. J'y voyais toujours une attaque contre ma personne. Mais aujourd'hui, la maturité aidant, j'ai compris qu'on ne peut pas plaire à tout le monde et que, en plus, chacun son métier. Après tout, les critiques sont là pour émettre une opinion sur un texte, libre à celui qui veut le lire de s'en inspirer ou non.

Et puis enfin, il y a les proches. Forcément, ils vous aiment et forcément tout leur paraît magnifique, exceptionnel ! Et lorsqu'un texte leur a moyennement plu, ils se plaisent à dire que "ce n'est pas leur préféré et que leur préféré justement c'est ...". Et ils ne tarissent pas d'éloge après avoir habillement détourné la conversation !

Mais heureusement, on continue à s'amuser en famille !